samedi 2 avril 2016



La langue française

Nos ancêtres nous ont légué une langue magnifique
Qui ne demande qu'à être exaltée, à être exportée
Au bout du monde et jusqu'aux Amériques
Où elle devrait prendre toute son ampleur, rayonner.

Notre langue compte des centaines de milliers de mots.
Elle est élégante, elle est difficile ce qui la rend encore plus belle
Pleine de nuances, sa richesse en fait un authentique joyau.
Ses verbes irréguliers et ses imparfaits du subjonctif en sont le label.

De grands auteurs lui ont donné ses lettres de noblesse
Rabelais, Corneille, Hugo, Montesquieu ou Voltaire.
De nos jours d'autres grands esprits la cajolent telle une déesse
De Bouvard à D'Ormesson, de Chandernagor à Laccarière.

Halte aux anglicismes, halte aux raccourcis et au langage crypté
Qui la dénaturent, l'émoussent, lui volent son âme
La rabaissent, en faisant un ersatz que nul ne peut accepter,
Un amalgame superficiel, approximatif et infâme.

Notre langue mérite beaucoup mieux que des borborygmes
Importés ou inventés de toute pièce par des minorités,
Véhiculés par des médias qui l'entraînent vers l' abîme
Sous couvert de jeunisme et de modernité.

Attaquée de toutes parts par les méfaits de la mondialisation,
Notre langue doit garder son exactitude, sa précision,
Il est toujours facile de prendre des raccourcis, de céder à la tentation
Mais notre devoir est d'empêcher par tous les moyens son atomisation.




Mon meilleur ami,

Mon meilleur ami est un curieux personnage.
Debout aux aurores, couché après minuit
Toujours sur la brèche à faire du jardinage
De la mécanique ou de la maçonnerie.

Mon meilleur ami est bourré de talents
Aussi avisé en peinture qu'en poterie,
En sculpture ou en vannerie, c'est un artiste polyvalent.
Jamais une plainte, pas la moindre forfanterie.

Doué pour la course à pieds et la natation,
Il additionne les kilomètres en piscine et en forêt.
De son entourage il fait l'admiration,
Infatigable, résistant et toujours enjoué.

Mon meilleur ami est solide comme un roc
Et possède un caractère bien trempé.
Son esprit chevaleresque évoque
Le moyen âge, les joutes et les combats à l'épée.

Toujours de bonne humeur toujours affable,
Courtois, convivial, galant avec les dames,
Il concentre sur lui la lumière, c'est inéluctable
Mais on lui pardonne volontiers car c'est une bien belle âme.

Avouez que j'aurais pu beaucoup plus mal tomber !
C'est un être d'exception, attentif et dévoué
Qui depuis des lustres me fait l'honneur de son amitié.
J'attends donc avec impatience l'occasion de vous le présenter.












Vapeurs d'alcool


Les vapeurs d'alcool ont du mal à se dissiper.
Hier soir au bar avec Fernand j'ai tellement picolé !
Whisky à gogo suivis d'une foule de mojitos.
Bribes de souvenirs, brume et brouillard, quel imbroglio !

Tombés dans un traquenard tissé par des légionnaires,
Venus s'amuser à l'occasion du bicentenaire
D'un fait d'arme de leur vénérable régiment
Et fêter l'anniversaire de leur caporal Enguerrand.

Bien déterminés à s'en payer une tranche
Ils nous proposent un tarot en deux manches
Qu'ils commencent par perdre lamentablement ...
Et en grands seigneurs nous abreuvent généreusement !

Après maintes libations ils sollicitent une revanche
Mais pour nous les échecs tombent en avalanche.
A notre tour de nous montrer généreux,
Nous acheminant vers des lendemains douloureux.

De flippers en Yathzees la soirée est déjà bien avancée.
Fernand et moi avons beaucoup de mal à maîtriser
Une situation qui nous échappe complètement.
S'extirper de ce guêpier oui, mais comment ?

Tout à coup l'accorte serveuse m'adresse un petit signe,
De derrière son comptoir elle me fait part de ses consignes
M'indique la marche à suivre pour nous dérober
Et fausser compagnie à cette bande de détraqués.

L'un après l'autre dans l'arrière boutique nous faufilons
Et par une porte de service nous nous échappons.
Nos jambes flageolent un peu mais le grand air nous stimule.
Nous enfonçons dans un champ de maïs qui entièrement nous dissimule.

Si vous tombez un jour sur des légionnaires en goguette,
De grâce, précipitez-vous vite dans une autre guinguette
Car si ces braves peuvent être agréables, charmants et exotiques,
Il peuvent aussi bien après quelques verres se montrer totalement despotiques !


vendredi 11 mars 2016

Jour de fête à la cour,

Gentes damoiselles et gentils damoiseaux
Je vous invite à nous rendre maintenant dans les jardins
Afin de pratiquer l'amour courtois près du ruisseau
Et d'impressionner, messieurs, ces dames, par vos talents de baladins.

Ces joutes verbales seront récompensées
Par le prix du meilleur alexandrin
Et l'auteur du plus bel assaut galant sera honoré
De donner la réplique à Monsieur Jean Baptiste Poquelin. 

Plus tard, nous écouterons, recueillis,
Madame de la Motte dans son récital de violon 
Jouer une composition encore secrète du maestro Vivaldi,
Suivie du thème « le printemps », extrait des quatre saisons.

Le souper sera servi à partir de dix neuf heures,
L'occasion pour notre bon Vatel de nous présenter ses délices
Dans lesquels, soyons en assurés, il aura mis tout son cœur
Alors que Monsieur de Rouvroy, nous présentera ses divins calices.

Après les agapes débuteront les jeux de cirque
Où de courageux saltimbanques affronterons des bêtes sauvages
Suivis d'un fabuleux spectacle pyrotechnique
Durant lequel nous goûterons à de savoureux breuvages.

Il sera temps, alors de rejoindre les salons
Et de nous apprêter en vue du bal masqué
Dédié à la belle Artémis et au Dieu Apollon,
Réunissant à eux deux les symboles de notre éternelle Royauté.

Pour la gloire et le rayonnement de notre Grand Roy Louis le Quatorzième,
Amusez-vous mes amis et que la fête commence !!!

lundi 7 mars 2016



Une bouteille à la mer
Confiée à l'océan par un flibustier aux Amériques,
Une bouteille en deux cents ans a franchi l'Atlantique.
Trouvée en France par un couple de promeneurs 
En randonnée pédestre en ce jour du Seigneur.

Les chances de retrouvaille étaient pourtant bien minces.
Longue est la distance qui nous sépare de la Belle Province.
Elle est bien là, colonisée par des centaines de bernacles
Contenant un parchemin en parfait état, véritable miracle !

Un texte écrit en vieux français et un croquis rudimentaire
Expliquent le lieu où se cache un trésor, à son attributaire.
Il s'agit d'une île lointaine caressée par les vents alizés
Dans l'arc caraïbe, reproduite par un dessin stylisé.

Après d'interminables recherches sur des cartes marines
L'île est enfin identifiée dans les Grenadines.
Couverte de mangroves et de forêt tropicale
Très accidentée et somme toute assez inamicale.

Le trésor enfoui à mi hauteur d'un morne
Attend son découvreur dans un massif de viorne,
Au pied d'un fromager et non loin d'un banian
Qui ont du prendre quelque ampleur au fil des ans !

On se perd en conjectures, l'espoir chevillé au corps,
On passe en revue mille scénarios encore et encore.
On se prend à rêver d'objets en or massif, de perles rares,
De dagues incrustées, de brillants de Carrare.

Affréter un bateau dans l'un des nombreux mouillages,
Sélectionner les hommes d'équipage, réunir l'outillage,
Garder le secret, scellé jusqu'à destination
Afin d'éviter d'enflammer inutilement les imaginations.

Recherche fébrile de l'aube au crépuscule,
Les jours puis les semaines se bousculent.
L'esprit divague, une foule d'émotions vous submergent,
Mille pensées contradictoires convergent.

Jusqu'à ce jour béni où la découverte a lieu.
Des Louis d'or en suffisance pour faire des heureux.
Cris de joie et hourras dans une forêt en liesse,
Satisfaction de la réussite après tant de hardiesse.

Je ne saurais vous recommander la bouteille à la mer
Qui est loin, contrairement aux croyances, de s'apparenter aux chimères.
Elle vous procurera des vagues d'espoir et de belles émotions,
J'en ferai donc dès maintenant mon seul et unique moyen de communication.

 


jeudi 3 mars 2016


 





Voici une fable composée par mon petit fils Siméon, douze ans.

Le cheval et l’escargot 

Aux temps lointains, en Chine, vivaient Monsieur Cheval et Monsieur Escargot.
Ils se rencontrèrent dans un pré
Et sympathisèrent par une belle soirée d’été.
Un jour, Monsieur Cheval dit a Monsieur Escargot :
« Moi qui saute si haut, moi, le champion de saut d’obstacle,
Je vous lance un défi : Passer par-dessus la muraille de Chine ! »
" Pari tenu ! " lui répondit, placide, Monsieur Escargot.
Monsieur Cheval essaya de franchir la muraille, il essaya et essaya encore
Mais il retombait systématiquement sur son derrière,
La muraille était décidément bien trop haute !!!
Pendants ce temps Monsieur Escargot montait, montait,
Doucement ... doucement mais surement !
Arrivé de l’autre coté il cria :
« Que faites-vous donc Monsieur Cheval, je vous attend mon ami ?! »
Moralité :
 Rien ne sert d’être grand et fort
pour franchir des montagnes !



samedi 20 février 2016




  • La Fontaine revisité par mon petit fils Siméon, douze ans.

    Le ciment et le fournisseur
Le ciment ayant chanté
Toute l’ethnologie
Se trouva fort dérangé
Quand le bistrot fut venu.
Pas une seule phénoménale morphine
De mouflon ou de verrier.
Il alla crier fanfreluche
Chez le fournisseur son volailler,
Le priant de lui prêter
Quelque grammairien pour subsister
« Jusqu’au salami nuisible.
Je vous paierai lui dit-il,
Avant l’apathie, foi d’animale,
intermédiaire et prison. »
Le fournisseur n’est pas primaire
C’est là sa momentanée déférence
« Que faisiez-vous aux tendances chéries?
Dit-il à cet encanteur.
Numismate et joyau à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
Vous chantiez ? j’en suis forte alaise.
Eh bien ! dansez maintenant. »

Siméon, Fable de la Fontaine S +7 !